+ de 24 000 biographies disponibles / Vous pouvez soutenir ce travail sans fin débuté en mars 2010 en cliquant ICI

--------

-------

-------

-------

-------

---------

---------

----------

-----------

 

- Officiers et anciens élèves -

 

 


Michel Jean ROUSSE

(1936 - ....)

 

 

 

Né le 7 février 1936

 

Entre dans la Marine en 1957

Ecole navale, promotion 1957

Enseigne de vaisseau de 2ème classe le 1er octobre 1958

Campagne Jeanne d'Arc

Enseigne de vaisseau le 1er octobre 1960

Lieutenant de vaisseau en 1965

 

Témoignage / Extrait - Lien web concernant l'Arromanche

RÉCIT / Par le CV (H) Raymond LESNE, membre Ardhan n° 22

... Nous retrouvons l'Arromanche en novembre 1973. Il participe au traditionnel exercice « Îles d'or » au large de Toulon à partir du 4. Il a embarqué la Flottille 31 F et ses HSS1 ASM. Il doit également assurer pendant cette sortie des séances de qualification à l’appontage au profit de la 59 S. Nous sommes le 9 novembre en matinée. Le porte-avions navigue à 25 nautiques dans l’est de Camarat. C’est une belle journée d’automne, vent faible, mer calme, bonne visibilité. Les équipes de pont d’envol se préparent à accueillir les Fouga. À 10h50 la patrouille des « Sapho jaune » se présente, le lieutenant de vaisseau Favatier, officier en second de l’escadrille, est le leader. Il se met en orbite pendant que ses deux équipiers, pilotes en qualification, débutent la séance d’appontages et catapultages. Après un total de cinq appontages et autant de catapultages, les pilotes en qualification quittent le circuit. Le leader, sur le Fouga N° 19, se présente alors pour un appontage de rafraîchissement. Il a un passager, le lieutenant de vaisseau Rousse. L’approche et la finale sont parfaites, l’avion accroche le brin N° 1, dans l’axe, et le pilote met pleins gaz. Dès le début d’élongation du brin, dans la phase « impact » de l’accrochage, le câble de mouflage tribord se rompt, au ras de la cosse, et le brin, avec à son extrémité le diabolo, file dans le bec de crosse. En bout de course le diabolo se coince et arrache la crosse. L’avion est désemparé, il amorce une rotation sur la droite et poursuit sa course, en dérapage important il passe devant l’îlot, ses roues viennent frapper le surbau tribord, le nez de l’appareil tombe vers l’avant. Il s’abîme presque verticalement dans la mer. Le hasard a voulu que je sois ce jour-là le commandant d’aéronef de l’hélicoptère de sauvetage. J’ai vécu ce triste événement avec mon équipage : le copilote, lieutenant de vaisseau Haudiquet, le treuilliste, SM2 Oudin et le plongeur, SM1 Zillochi. Notre appareil, le HSS1 N° 130.

Nous sommes donc en position » Rescue appontage », en stationnaire relatif à bâbord, à 300 mètres par le travers de l’arrondi. La séquence des événements sur le pont n’a duré que quelques courtes secondes et lorsque le Fouga disparaît de notre vue, masqué par l’îlot, nous quittons notre position et traversons le sillage à la hauteur du pont d’envol. Parvenus à tribord, nous voyons devant nous l’avion couler à la verticale. L’empennage est encore visible mais disparaît très rapidement. À cette vitesse d’enfoncement, l’intervention du plongeur serait malheureusement illusoire. Le chef Aviation nous signale alors qu’il y a deux personnes à bord de l’appareil et qu’un directeur de pont d’envol a été projeté à la mer. Sous le vent du point d’impact, à quelques dizaines de mètres, nous voyons en surface deux naufragés. Le plus proche fait des gestes des deux bras. Le second, 50 mètres au vent est inerte, le visage en partie immergé. Nous nous dirigeons vers celui qui donne signe de vie, nous mettons en vol stationnaire et descendons le plongeur à l’aide du treuil de sauvetage. Lorsque le naufragé est équipé de la sangle de hissage, le treuilliste entame la remontée. L’entrée dans le cargo n’est pas simple, d’une part en raison du faible espace de manœuvre, conséquence de la présence du sonar et, d’autre part, de l’inertie du rescapé qui est grièvement blessé.

Et pour compliquer un peu plus la situation, son parachute, sans doute ouvert par le souffle du rotor, se déploie et flotte dangereusement vers l’arrière de l’hélicoptère. Après beaucoup d’efforts, le treuilliste parvient à couper les sangles du parachute et nous pouvons rallier le porte-avions, tout proche. En reprenant la vue du pont d’envol, nous constatons avec étonnement que sa partie arrière a été envahie par une horde de badauds que les « Chiens jaunes » peinent à écarter. Ce n’est que lorsque nous sommes sur le point d’apponter qu’ils s’éloignent, permettant ainsi la prise en charge du blessé. Nous redécollons aussitôt pour intervenir sur le second naufragé. Nous avions laissé le plongeur à l’eau. Nous lui descendons la sangle de hissage et le remorquons vers l’homme inanimé, qu’il ne pouvait voir. Nous constatons alors qu’il s’agit du directeur de pont d’envol. Le plongeur place le naufragé dans la sangle, s’agrippe au câble et fait le signe de remonter. Il aide le treuilliste à recueillir le naufragé dans le cargo. Nous appontons à nouveau et coupons rotor et moteur. Un autre HSS prend la suite pour les recherches. Notre intervention aura duré 18 minutes, venant s’ajouter à une longue période en position « Rescue » : il ne nous reste pas beaucoup d’essence. Le bilan est lourd : la mer a englouti le lieutenant de vaisseau Favatier aux commandes de son avion, le lieutenant de vaisseau Rousse est très gravement blessé (Il se rétablira et pourra reprendre le service), le directeur chef du pont d’envol, le premier maître Hocquard, a été tué lors du choc avec l’avion. Georges Hocquard était, lui aussi, un ancien, proche de la retraite. Sur le pont, il était le directeur chef, respecté pour sa parfaite connaissance des règles d’évolution du personnel de pont d’envol, dans un milieu particulièrement bruyant, épuisant, extrêmement dangereux. Il était une « figure » de l’Arromanches. Il est parti comme il a vécu, le rapport d’enquête du capitaine de frégate Thireaut le confirme : « Il est plus difficile de restituer les mouvements du directeur chef qui ont abouti à sa collision avec l’avion et d’expliquer que ce soit le plus expérimenté des hommes présents sur le pont au moment de l’accident qui n’ait pu échapper au danger. Les professionnels du pont d’envol sont vifs et cherchent toujours à gagner du temps : le PM Hocquard a sans doute amorcé un mouvement vers bâbord quand il a vu que l’avion se posait et crochait le brin 1 * ; il s’est ensuite arrêté quand il a vu la rotation s’amorcer et le danger se manifester et il a fait des signes pour prévenir le personnel et lui ordonner de se protéger (plusieurs témoignages le confirment) ; il est ensuite parti en courant vers tribord pour se mettre à l’abri : cette course était en fait de collision avec l’avion. Pour éviter l’avion il aurait dû partir vers bâbord ou peut-être même rester sur place mais tous les réflexes du personnel sont conditionnés pour s’écarter de la piste oblique qui est la zone dangereuse et il devait aussi être très difficile d’apprécier la trajectoire future d’un avion dont le vecteur vitesse était très différent de son axe. Le PM Hocquard a été heurté par l’avion entre le nez et l’aile gauche et projeté à la mer à une quinzaine de mètres du bord. » Ce fut le dernier et funeste appontage sur le vieux guerrier. Ce douloureux épisode précipita son désarmement à Toulon, deux mois plus tard, le 22 janvier 1974. Il avait parcouru 600 000 milles en 27 années de service et assuré plus de 30 000 appontages d’avions, et, sans doute au moins autant d’hélicoptères.

 

Capitaine de corvette le 1er janvier 1975

Capitaine de frégate

 

Capitaine de vaisseau (H)

 

Port matriculaire TOULON

 

 

 

Retour Officiers et anciens élèves

 

La reproduction pour un usage privé est autorisée. Toute diffusion est soumise à l'autorisation du webmestre, créateur et propriétaire de ce site, voir mentions légales !

http://lalandelle.free.fr   http://cvjcrouxel.free.fr  http://tcdorage.free.fr  http://anciensdubourdais.free.fr  http://anfmc.free.fr